La CSC et l’indexation des salaires.

La Libre du 29 octobre 2014, publie un article signé L.G. et intitulé Combien le saut d’index vous coûtera d’ici la fin de votre carrière ? Cet article semble destiné à défendre le point de vue de la CSC.

Nous disposons par cet article d’un exemple de calcul. Selon L.G. pour un travailleur à temps plein, touchant un salaire brut moyen mensuel de 3.258 €, la perte annuelle est de 907 € brut. Et sur une carrière complète (45 ans), la perte est de 40.000 € brut. Je suppose que ce dernier montant est le résultat approximatif de la multiplication de 907 par 45, qui donne 45 *907=40.815. Comme L.G. nous signale en bas de page qu’il est impossible de calculer l’impact moyen sur le salaire net, je suppose que la formule de calcul de la CSC est de multiplier par le nombre d’années le résultat mensuel calculé aujourd’hui. Si mon hypothèse est fausse, tout ce qui suit est vain. Mais alors j’accuse la CSC de nous poser un jeu de devinette qui n’amuse pas, et je lui demande de préciser.

L’actualisation du coût.

Un économiste sérieux et non engagé à sortir des chiffres volontairement choquants, n’additionnerait jamais des montants financiers sur une telle durée sans les actualiser. Les actualiser cela veut dire leur donner à tous une valeur comparable. Perdre 907 € en 2014 est tout à fait différent de perdre 907 € 45 ans plus tard, en 2059. Les additionner revient à calculer le poids moyen des individus d’un troupeau d’éléphants et de souris ! Avec un taux d’actualisation moyen annuel sur 45 ans de 4 % les 907 € de 2059 représentent aujourd’hui le montant de 155,27 €. Oublions donc ce calcul orienté de la CSC.

Formation d’un salaire individuel.

Le salaire de chaque individu dépend principalement de ce que son employeur peut lui payer, a intérêt à lui payer et ce que le marché du travail lui impose. Ce n’est pas tout à fait vrai pour l’administration publique. Mais je vous rappelle que les fonctinnaires grecs n’ont pas été payés pendant des mois et que leur salaire a été raboté sérieusement par après. La CSC peut bien entendu critiquer le comportement du marché du travail, mais c’est depuis que l’homo est sapiens, ce qu’on a trouvé de moins mauvais !

La CSC veut faire comme si on pouvait continuer comme avant. Puis-je lui rappeler ne fût-ce qu’un exemple, que j’ai vécu il y a près de 30 ans. Et je prends volontairement un exemple ancien pour ne pas raviver le souvenir des multiples drames du même genre qui se sont produits ces dernières années.

A l’époque, la Générale de Belgique était une institution mondialement respectée. Jamais, elle n’avait laissé tomber une de ses filiales en faillite. Je ne veux pas être soupçonné de partialité en racontant la stupide histoire arrivée en 1986 à Cuivre et ZINC. Je vous donne donc la version de Wikipédia :

La S.A. des Usines à Cuivre et à Zinc de Liège ou Cuivre et Zinc était une société liégeoise issue de la fusion des usines Francotte, Chaudoir et Pirlot, en 1882 active dans la transformation du cuivre et du zinc. Cuivre et Zinc fut l’un des fleurons de l’industrie métallurgique liégeoise. La société est mise en liquidation en juin 1992 des suites d’une grève au finish qui dure six mois, lancée le 26 septembre 1986 par la Fédération générale du travail de Belgique (FGTB) et la Confédération des syndicats chrétiens (CSC).

Les exigences syndicales en front commun étaient basées sur l’expérience que jamais La Générale n’avait laissé tomber une filiale en faillite. Et les syndicats ne manquaient pas de le répéter à tous vents. Mais même la puissante Générale ne pouvait supporter qu’une de ses filiales importante soit un boulet financier.

La CSC qualifie de typiquement belge le système légal actuel d’indexation des salaires, et semble s’en féliciter sans se demander en quoi les belges seraient justifiés d’être parmi les rares à encore en profiter dans le monde.

Y a-t-il encore un seul travailleur du secteur privé qui s’imagine à 30 ans qu’il est pour le restant de sa vie professionnelle chez le même employeur sans modification de statut et avec la garantie de l’indexation ?

Bien sûr que non : il changera de travail, il changera d’employeur, les conventions collectives seront modifiées, la monnaie dans laquelle il est payé changera, la législation sociale sera modifiée, les modifications de conjoncture sur trente ans auront accéléré ou réduit la capacité de ses employeurs d’accorder des augmentations de salaire etc.

Bref, les sept ou huit dernières lignes du tableau ci-dessous produit par la CSC sont de la logorrhée. Si ses membres s’y laissent prendre, nous aurons encore quelques histoires Cuivre et Zinc à porter au débit de la CSC.

 IndexetCSC

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