Le Kondratiev a-t-il disparu ?

Récemment, je suis tombé sur internet sur un groupe de discussion qui se posait cette question.  J’ai repensé à trois documents anciens. Le premier est un article que j’ai écrit en 1979 pour la revue Intermédiaire. J’y présentais le graphique repris dans le troisième document et son interprétation. Comme l’essentiel est repris dans le troisième article, je ne le détaille pas ici.

Le second document est une interview que j’ai donnée à Martine VANDEN DRIESSCHE journaliste au Soir, le 26 août 1982, pour annoncer la fin très proche de la grande crise dans laquelle l’économie mondiale avait sombré. Le troisième document est un article publié dans l’Echo de la bourse le 7 avril 1986 où j’explique à partir du graphique mis à jour la situation économique des  30 dernières années. Je publie aujourd’hui le graphique mis à jour et l’interprétation que j’en donne.  Curieux de voir ce que vous en penserez. . .

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soir3Le troisième est un article que j’ai publié dans L’ECHO, le 7 avril 1986. Il montre que le nouveau Kondratiev que j’annonçais pour très bientôt en 1982, venait juste de commencer en 1982.

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Nous arrivons ainsi à la question qui est à l’origine de cet article: le Kondratiev a-t-il disparu ? Voici comment il se présente aujourd’hui:

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Sapristi! C’est vrai qu’il ne ressemble plus à rien ! Nous pouvons quand même imaginer que nous sommes au sommet du cycle ou même déjà que nous sommes engagés dans la partie descendante.

Souvenons nous que la descente à partir de 1966 n’était pas évidente dans les chiffres brut et que nous ne l’avons constatée qu’en indexant les chiffres bruts sur le pouvoir d’achat du $. L’inflation atteignait alors 5 à 6 % l’an et est montée dans les 10 même les 15 % au moment de la plus forte descente. Que constatons-nous aujourd’hui. L’inflation est pratiquement nulle théoriquement. Et l’on parle même de déflation.  Nous savons bien tous cependant que note pouvoir d’achat décroît régulièrement, et par période fortement.

Trois phénomènes y participent: les pouvoirs publics trafiquent l’indice du coût de la vie en retirant de l’indice des catégories qui s’enflamment. Les pouvoirs publics se gardent bien de faire figurer dans l’indice les impôts qu’ils prélèvent et qui sont de plus en plus lourds. Comme l’inflation est ainsi soi-disant contrôlée, les pouvoirs publics maintiennent ainsi artificiellement bas les taux d’emprunt et de placement.

Les E-U jouent un rôle essentiel dans cette gigantesque tricherie. Pour que leur économie ne s’effondre pas, la Federal Reserve a injecté en quatre ans 85 milliards de $ par mois dans l’économie américaine. Soit quatre trillions de $. Le PIB américain atteint un montant de l’ordre 16 trillions de $. C’est donc le quart du PIB qui a été injecté. Et où est-il allé ?

Faute de clients, les entreprises n’investissaient plus dans des moyens de production. Pendant ce temps, les particuliers, inquiets pour leur avenir ont épargné. Ces trillions se sont retrouvés à Walstreet. Pourquoi ? Parce qu’en même temps les taux d’intérêt tombaient près de 0 % à long terme. Jamais l’épargne n’a été aussi élevée. Jamais son rendement n’a été aussi faible. TINA disent les financiers: there is no alternative !

Je pense que, sans ces manoeuvres artificielles, le cycle de Kondratiev que je mesure par la bourse, aurait déjà entamé sa descente à long terme. Cela peut encore durer quelques temps, car les USA sont les  « coiners of the world », mais je crains que le retour de manivelle soit pire que tout ce qu’on a appelé « crise » depuis cinq ans. La »crise des subprimes », la « crise de l’immobilier », les « crises des dettes souveraines » et les crisettes politiques internationnales ne sont sans doute que  de fades exemples de la crise que va provoquer l’inévitable reflux de ce tsunami de quatre trillions de $ investi actuellement, faute de mieux, à Walstreet.

 

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2 réflexions sur « Le Kondratiev a-t-il disparu ? »

  1. En béotien de l’économie je me pose quand même deux questions par rapport à ce que je lis.

    D’abord, pourquoi les gouvernements, tous surendettés, brident-ils l’inflation qui est la planche de salut de l’emprunteur à long terme ?

    Ensuite, les 4 trillions de dollars injectés dans Walstreet ont forcément gonflé artificiellement les valeurs. Tu parles du reflux d’un tsunami, comme si ces valeurs allaient refluer dans d’autres pans de l’économie. Ne sera-ce pas plutôt le tourbillon d’un effondrement où tout ou partie de cet argent disparaîtra dans le siphon d’une crise boursière, ce qui aurait un effet encore infiniment plus dévastateur.

    J’ai pris avec plaisir le temps de te lire et de te répondre mais je retourne préparer mon jardin : au printemps, j’y planterai des légumes et j’y mettrai des poules pour m’assurer de ne pas mourir de faim quand viendra la Grande Crise. Malheur à ceux qui ne possèdent qu’une terrasse ou un balcon !

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