L’avenir de l’Euro

J’ai échangé ces derniers jours avec ma fille Marie-Noëlle (MN) plusieurs emails. Avec son accord, je les reprends ci-dessous.

Le samedi 3 décembre: MN :

Cher papa,

Quand tu as le temps, j’aimerais bien avoir ton avis sur cet article:http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/12/02/31002-20161202ARTFIG00248-jacques-sapir-le-referendum-en-italie-peut-provoquer-l-implosion-de-l->Merci d’avance et bon dimanche.

Note de Pierre (P) : si le lien ne fonctionne pas vous pouvez taper sur GOOGLE Le Figaro Jaques Sapir Euro.

 

Le 5/12  P

En 1978, j’ai écrit pour Intermédiaire (c’est évidemment moins prestigieux que le figaro, mais c’était le périodique des universitaires et des cadres) une réflexion sur la future monnaie européenne, en deux articles, comme Jacques Sapir. J’y montrais que l’histoire des unions monétaires montrait une constante. Je tiens l’article à ta disposition.

Les seules unions monétaires durables sont de deux types: coloniales et impériales, par exemple le franc CFA en Afrique regroupant les colonies françaises, ou créées par une puissance tutélaire, par exemple l’union monétaire belgo-luxembourgeoise.

Je démontre dans cet article que le groupe de type colonial comporte un membre dirigeant indiscuté qui impose sa discipline en acceptant que les autres lient leur devise commune à celle du membre dirigeant, mais les deux devises restent différentes, pour que le membre dirigeant ne puisse voir sa devise malmenée à cause de comportements irresponsables des colonies. Le second type est théoriquement constitué de partenaires égaux, mais est en réalité totalement inféodé à la puissance tutélaire. Les politiques sociales, économiques, financières, militaires et étrangères doivent être liées fortement. La monnaie est commune.

Depuis des dizaines d’années, j’affirme que l’Union Economique Européenne est le plus grand gaspillage jamais créé par l’homo sapiens ! Car ses tenants 6, puis 10 … et maintenant 28 dont un est partant, voulaient une union d’égaux, chacun ayant la capacité de bloquer tous les autres: souviens-toi que la Wallonie (3 millions de wallons sur plus de 300 millions d’européens) a tenu le CETA en échec pendant deux semaines ! L’UE est donc bien un ramassis d’égaux avec des politiques sociales, économiques, financières, militaires et étrangères largement divergentes, et parfois totalement inconciliables. Ce n’est pas viable et je me réjouirais si l’Union monétaire pouvait s’effondrer et que le BENELUX se reconstituait et s’arrimait solidement à l’Allemagne comme au bon vieux temps !

En 2000, j’ai participé à un colloque où Georges Jacobs (président de UCB à l’époque) faisait le dithyrambe de l’UE et de l’Euro. J’ai osé lui demander s’il avait un plan B au cas où l’Euro disparaîtrait. Tout le monde m’a regardé comme un extraterrestre déconnecté. Et il a ironisé sur ma question pour faire rire l’audience. Ce qu’il a réussi parfaitement !

L’essentiel de ce que décrit Jacques Sapir est possible. Et quand je dis l’essentiel, c’est ce qui précède. Les détails infiniment précis de son argumentation décrivent l’avenir comme le ferait un ingénieur dans son domaine d’activité. C’est ridicule pour un économiste. Nous savons tous que les mêmes hypothèses de base en économie et en politique étrangère peuvent donner des résultats fort différents suivant l’époque et les circonstances du moment. Pas de science exacte dans ces domaines. C’est comme le papillon qui bat des ailes à Tokyo qui peut provoquer aussi bien une tempête à Paris qu’un zéphire langoureux. On peut toujours tout expliquer par après, mais ne rien prévoir correctement !

Comme Renzi a démissionné ce matin, nous pourrons vérifier tout de suite ses prédictions. En fait, Renzi a mis sa démission en suspens. Mais le référendum a refusé la politique qu’il proposait. Jacques Sapir prévoyait en conséquence le chaos. Le résultat, en tous cas pour le moment, est une envolée enthousiaste de plusieurs % de toutes les bourses européennes !

 

Le 5/12 MN :

Merci beaucoup!

Mais si ce que Jacques Sapir écrit est correct, est-ce que ça veut réellement dire qu’Angela Merkel, quand elle se plaint que l’Allemagne doive payer pour les pays du Sud, n’est pas honnête car la monnaie unique aurait pour l’Allemagne l’effet favorable d’une monnaie sous-évaluée?

Et penses-tu que Fillon soit capable de changer son fusil d’épaule et de renoncer à l’euro? Ou les Français qui souhaitent cette sortie devront-ils résolument voter Le Pen ou Mélenchon?

Un immense merci, et bonne soirée.

Le 7/12 P :

Résumons la situation.

Depuis la fin de la guerre de 1940, l’Allemagne veut se faire pardonner les deux guerres mondiales. « Plus jamais cela » a été le leit motiv constant à la base de la CECA, de la première communauté à 6 et de tous les élargissements qui ont suivi. L’Allemagne a toujours payé pour les pays du Sud ! Ce n’est pas de sa faute si son économie mériterait une monnaie plus forte que l’Euro. Il est vrai que de ce fait, elle vend plus facilement sur le marché mondial car en plus ses produits sont meilleurs. Mais en contrepartie, elle achète ses matières premières (pétrole etc.) plus cher. Pendant ce temps-là, les pays du Sud empruntent des milliards d’Euros avec un taux d’intérêt bien plus faible que ce qu’ils devraient payer en monnaie nationale et quand ils ne savent pas rembourser car ils ont longtemps remis de faux bilans, c’est encore l’Allemagne qui casque. Je suis convaincu que l’Allemagne serait encore bien plus riche qu’elle ne l’est maintenant, si depuis soixante ans elle n’avait pas joué « profil bas » pour se faire pardonner. C’est pourquoi j’appelle de tous mes vœux la disparition de l’Euro, et de l’union européenne sous sa forme tatillonne, vaniteuse, verbeuse et dispendieuse actuelle, et le rattachement d’un nouveau franc belge (sévèrement surveillé par la Bundesbank) à la zone deutsche mark.

En ce qui concerne Fillon il me semble que son programme est tout à fait incompatible avec les exigences actuelles de l’Union européenne (UE), insupportables pour une majorité de pays membres de l’UE. Mais ce n’est pas avant plusieurs mois qu’il sera président de la république française ! Et plusieurs membres de la Commission sont taraudés de doutes. Soit, c’est elle qui change son fusil d’épaules, soit elle explose. Comme tu peux le comprendre de ce qui précède, je le souhaite si les pratiques de l’UE ne peuvent pas être fondamentalement transformées. Quelle économie de temps et d’argent pour tous les européens !

L’UE était condamnée dès sa naissance, car elle ne respectait aucun des deux schémas que je décris plus haut, colonial ou tutélaire. Tout le monde le savait. Et si les politiciens du moment ont justifié l’Euro, mais qui s’en souvient, c’est par le pauvre argument suivant : nous sommes bloqués, mais nous allons donner un formidable élan à l’Europe en lui « donnant » une monnaie unique. C’était la première pièce de son cercueil ! Mais comme Georges Jacobs, personne ne voulait l’entendre.

 

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Les descriptions de l’intérieur d’un trou noir et du Big Bang sont-elles scientifiques ?

 

 

Table des matières

1       Bref rappel de la géométrie de la relativité restreinte.

2       La géographie de l’intérieur d’un trou noir.

2.1         La cosmologie actuelle.

2.2         L’inversion de l’espace et du temps à l’intérieur de l’horizon.

3       L’intérieur de l’horizon est-il l’objet d’une religion ou d’une science exacte ?

3.1         Le principe de Mach.

3.2         La Relativité d’Einstein.

3.2.1          Le muon.

3.2.2          Les jumeaux relativistes.

3.2.3          Le GPS (Global Positioning System).

4       La vie d’un trou noir.

4.1         La naissance.

4.2         Le cannibalisme éternel.

5       La densité d’un trou noir.

6       Et le Bing Bang ?

6.1         L’inflaton.

6.2         Avant l’Inflaton ?

6.3         Au tout début.

7       Conclusion.

 

1         Bref rappel de la géométrie de la relativité restreinte.

Beaucoup sont convaincus que l’espace-temps à quatre dimensions de la relativité restreinte ne peut pas être visualisé, car notre esprit ne peut imaginer un espace à plus de trois dimensions. Dans mon livre intitulé E = mc2 (Voir la rubrique Livres sur ce blog), figure au chapitre 8.2, Les vecteurs de l’espace-temps, une représentation claire et parfaitement compréhensible de l’espace-temps de la relativité restreinte :

esptphoto

J’ai, pour ce faire, résumé l’espace de Newton à une dimension, celle des abscisses. Le temps est en ordonnées. Vous êtes habitués à considérer que la vitesse maximale dans la relativité restreinte est de 300.000 km/s. Et qu’elle n’est atteinte que par les photons parce qu’ils n’ont pas de masse. Je ne vais pas reprendre ici mon livre, disponible en version électronique sur Amazon et sur itunes. Vous y verrez que la vitesse de 300.000 km est une constante importante et qu’en réalité tout être se déplace à une vitesse mathématiquement égale à 300.000 km/s dans l’espace-temps de la relativité restreinte.

C’est ce qu’explicite le graphique. L’unité de temps est la seconde. Je n’ai dessiné qu’une seconde avec ses cinq décimales 0,2, 0,4 etc. L’unité d’espace est la vitesse de la lumière c. 0,5 représente donc 150.000 km/s. Avec les unités choisies, la vitesse Vet d’un mobile quelconque dans l’espace de la relativité restreinte est toujours = 1. Elle est égale à la somme des vecteurs Ve (vitesse dans l’espace de Newton) + Vt (vitesse dans le temps). N’importe quel mobile est donc situé sur un cercle de rayon 1.  Assis dans mon fauteuil, ma vitesse dans le temps (axe vertical) vaut 1 (une seconde par seconde), dans l’espace de Newton (l’axe horizontal), elle vaut 0. Je suis donc à une distance 1 sur l’axe vertical. (1 sur fond noir)

Dans une fusée, je suis quasiment au même endroit du graphique, car la vitesse d’une fusée est ridiculement faible par rapport à celle de la lumière (de l’ordre de quelques milliers de km/h contre 300.000 km/s.) (2 sur fond noir)

Les photons sont au point 1 sur l’axe horizontal. Leur vitesse dans le temps est nulle. Une seconde, pour eux, dure l’éternité ! ( 3 sur fond noir)

Nous voyons sur le graphique qu’un mobile qui aurait une vitesse de 0,5 dans l’espace de Newton a une vitesse de l’ordre de 0,85 dans le temps. En fait 0,866 comme calculé par la formule utilisée dans mon livre E = mc2. C’est ce que l’on appelle la dilatation du temps de la relativité restreinte. Les secondes passent d’autant moins vite que l’on se déplace plus vite dans l’espace de Newton.

Ce graphique simple à lire et à interpréter est une carte des vitesses dans l’espace-temps.

Tout ce qui précède est un résumé ad hoc très succinct de E=mc2.

2         La géographie de l’intérieur d’un trou noir.

2.1       La cosmologie actuelle.

La cosmologie actuelle affirme que le trou noir abrite une singularité centrale où se concentre à une densité infinie tout ce que le trou noir a avalé. Elle affirme également que le trou noir est abrité à tout jamais de notre investigation par un horizon qui marque la sphère à l’intérieur de laquelle tout ce qui est entré est définitivement piégé. Stefen Hawking évoque bien l’évaporation des trous noirs par effet quantique, mais tout cela reste purement qualitatif et ne repose sur aucune observation. Mais en fait, qu’y a-t-il entre la singularité et l’horizon du trou noir ? Une mode nouvelle est d’affirmer qu’à l’intérieur du trou noir l’espace et le temps ont interverti leur fonction. Comme je ne comprenais pas ce que cela voulait dire, j’ai cherché sur GOOGLE et Futura science.

2.2       L’inversion de l’espace et du temps à l’intérieur de l’horizon.

J’ai tapé sur GOOGLE « trou noir inversion espace-temps ». J’ai examiné les documents proposés sur les trois premières pages. Rien que du bla-bla ! L’un d’eux parle même de mystique et de gnose !

J’ai alors tapé sur GOOGLE « black hole inversion space time ». En première page de la réponse figure le document « Changing places – space and time inside a black hole – Einstein on line ». Très clair et basé sur des graphiques, ce que j’apprécie comme vous pouvez l’imaginer par ce qui précède. Il est demandé à celui qui cite cet article d’ajouter comme référence « Markus Pössel in Einstein on line Vol. 04 (2010) »

pôsselphoto

Je ne pense pas enfreindre le copyright en vous présentant le graphique final qui résume les 7 pages du document. Je conseille vivement à tous de télécharger ce document pour comprendre la démarche de l’auteur. Il décrit le trou noir et son environnement à l’aide du cylindre bleu qui représente l’horizon du trou noir et du rectangle gris qui représente l’espace avec deux dimensions (mon graphique n’en présente qu’une, je vous le rappelle).

L’auteur nous rappelle qu’à l’extérieur de l’horizon le temps est une direction one way sur un axe vertical: il ne va que vers le futur. A l’intérieur du cylindre, le plan de l’espace est décrit en coordonnées polaire et c’est la coordonnée radiale qui est one way. Rien ne peut revenir en arrière et tout doit se diriger vers la singularité au centre.

Un peu compliqué ? Certes ! Et j’ai dû lire et relire l’article avant d’oser le commenter. L’auteur reconnait lui-même que son dessin n’est pas une représentation graphique, mais bien une « analogie ». J’en retiens que la soi-disant inversion temps-espace viendrait de la constatation qu’à l’extérieur de l’horizon le temps est une coordonnée one way alors qu’à l’intérieur c’est la coordonnée radiale (d’espace donc) qui est one way. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose !

3         L’intérieur de l’horizon est-il l’objet d’une religion ou d’une science exacte ?

3.1       Le principe de Mach.

Ernst Mach (1838 – 1916) est considéré comme le père du positivisme scientifique pour sa déclaration que Aucune affirmation n’est possible en sciences naturelles, si elle n’est pas vérifiable expérimentalement.

Par définition même du trou noir, aucune théorie scientifique concernant l’intérieur de l’horizon d’un trou noir ne sera jamais vérifiable expérimentalement. Accepter une théorie quelconque sur l’intérieur d’un trou noir est donc à jamais un acte de foi ! C’est aussi vrai que pour la théorie des cordes que j’ai éreintée dans un article de la rubrique Mécanique quantique de ce blog.

Mais nous pouvons aborder l’horizon du trou noir par son côté visible pour imaginer comment le trou noir se forme sous nos yeux. Mais nos yeux sont-ils fiables en l’occurrence ? Je propose en tous cas d’appliquer le principe de Mach : n’utiliser que des théories actuellement confirmées par des observations.

Pour éviter toute équivoque, j’ajoute qu’il y a un autre principe de Mach énoncé par Einstein et repris dans mon livre La gravité, ça creuse in fine du chapitre 8 Le baquet de Newton, qui n’a rien à voir avec notre sujet.

3.2       La Relativité d’Einstein.

Nous allons faire référence à la dilatation du temps pour les mobiles à vitesse relativiste. En voici trois exemples.

3.2.1        Le muon

Le muon produit dans la haute atmosphère (10 à 12 km) par désintégration de rayons cosmiques a une vitesse propre qui vaut 0,997 c. En vertu du graphique qui figure sous 1, sa dilatation du temps est de 12,92. Sa durée de vie moyenne est de 2,2 microsecondes. En 2,2 ms à une vitesse de 0,997 c, il ne pourrait pas dépasser une trajectoire de 660 m. De notre point de vue par contre, à 0,997 c, sa durée de vie atteint 28,42 microsecondes. A une vitesse de 0,997 c, il parcourt donc à nos yeux 5,6 km grâce à la dilatation du temps de la Relativité.

Comment pouvons-nous observer des muons ici au niveau du sol ? C’est inexplicable sans tenir compte de la dilatation relativiste du temps. Sans elle, les muons se désintégreraient bien avant d’atteindre notre point d’observation au sol. Avec elle, ils descendent jusqu’à environ 5 km. Pas encore visibles donc ? J’ai utilisé pour mon calcul la durée de vie moyenne du muon. La durée de vie de chaque muon individuellement est répartie sur une courbe de probabilité. Ce qui explique qu’une partie d’entre eux atteint le niveau du sol. Si vous voulez le vérifier, tapez sur GOOGLE « relativistic speed muon » et téléchargez deux article : « Muon experiment in relativity – Georgia State University » et « Preston College Cosmic Ray Group – muon mean lifetime ».

3.2.2        Les jumeaux relativistes.

Dans mon bouquin Notre escapade dans l’espace-temps, au point 2.3. de l’appendice mathématique, je détaille la célèbre expérience des jumeaux dont l’un part pour un voyage à vitesse relativiste et retrouve au retour son jumeau deux fois plus vieux que lui. Vous me direz que cet exemple n’obéit pas au principe de Mach, mais il est tellement célèbre…De toutes façons, les deux autres exemples sont eux bien réels.

3.2.3        Le GPS (Global Positioning System).

Je détaille, in fine du point 2.2. dans le même livre, que les GPS ne pourraient pas travailler convenablement si l’on n’avait pas tenu compte dans leur conception de la dilatation du temps relativiste due à la vitesse des satellites et de l’accélération du temps due à la moindre gravité à laquelle ils sont soumis.

Nous pouvons donc considérer que la dilatation du temps obéit au principe de Mach. Et nous allons maintenant l’appliquer à la paroi extérieure de l’horizon d’un trou noir.

4         La vie d’un trou noir.

4.1       La naissance.

Je ne parle pas ici des mini trous noirs du CERN ou du Big Bang. S’il en existe, ils sont formés pour un court instant et selon Stephen Hawking, s’évaporent immédiatement par effet quantique. Pour en savoir plus, tapez sur GOOGLE « evaporation d’un trou noir » et téléchargez «Evaporation des trous noirs – Wikipédia ». Ou lisez de Stephen Hawking, A Brief History of Time, Ch. 7 Black Holes Ain’t So Black.

Les trous noirs dont nous parlons sont ceux qui résultent de l’effondrement gravifique d’une étoile qui a brûlé tout son combustible. Toutes les descriptions de ces trous noirs que l’on peut lire se résument à ceci :

  • Une singularité ponctuelle au centre, constituée de tout ce qui s’est accumulé dans le trou noir par sa capacité à dévorer tout ce qui passe à sa portée. La densité étant ponctuelle, elle est aussi infinie. Elle ne respecte pas le Principe de Mach, parce que personne ne peut le vérifier et parce que personne ne peut dire ce qu’est l’infini. Aucun savant n’a jamais prouvé l’existence de l’infini dans l’univers connu. Nous sommes donc là dans le domaine de la foi et pas de la science.
  • Un horizon qui, sauf par évaporation Hawking, ne peut être traversé que dans un sens : vers la singularité centrale (en supposant qu’elle existe !) car, au niveau de l’horizon, la vitesse de libération est égale à c, et rien dans l’univers connu ne peut dépasser cette vitesse.

4.2       Le cannibalisme éternel.

Qu’avale un trou noir ? Et que peut-il bien en faire ? Pour respecter le principe de Mach, je ne vais utiliser que ce que nous voyons, et ce que nous pouvons considérer comme des lois scientifiques car n’étant contredites par aucune expérience connue. Einstein n’hésitait pas à déclarer. « Quand bien même une grande quantité d’expériences justifieraient une loi scientifique, il suffit d’une seule expérience négative pour qu’elle soit invalidée. »

Le trou noir avale de la masse et du rayonnement électromagnétique. C’est-à-dire de l’énergie, en vertu de la relativité générale. La masse du trou noir augmente avec le temps. Le diamètre de l’horizon augmente en conséquence. Nous pouvons également affirmer que la vitesse d’un mobile proche de l’horizon est proche de c et dirigée vers le trou noir. A une telle vitesse la dilatation du temps est, de notre point de vue, proche de ce que l’on définit par l’infini (plus grand que n’importe quelle grandeur de même nature), mais sans jamais l’atteindre.

C’est d’ailleurs visible sur le premier graphique : quand Ve = 1, Vt = 0. C’est-à-dire que ce que va avaler le trou noir a toujours une vitesse proche de 300.000 km/s, mais que une seconde pour la matière qui va être avalée vaut pour nous quasi l’éternité. Pour nous, la vitesse d’approche du trou noir ne cesse de se réduire, jusqu’à être infiniment proche de 0 à une distance infiniment courte de l’horizon du trou noir. Pas question donc d’affirmer que tout ce qui rentre se précipite vers une singularité. Tout ce qui rentre se dépose avec une infinie délicatesse sur ce qui y est déjà, en couches successives sur l’horizon du moment. Et que pourrait voir un observateur sur place ? Il se voit circuler à 300.000 km/sec s’il est assez solide pour ne pas être déchiqueté par la marée gravifique à laquelle, selon la cosmologie actuelle, il est soumis. Mais, dans ma cosmologie, nous devrions le voir se déposer pour l’éternité avec une douceur infinie sur l’horizon. Pas question donc d’être déchiqueté par effet de marée. Serait-il alors écrasé par l’énorme gravité à laquelle il est soumis ?

Mais que peut bien représenter une gravité infinie dans un temps infiniment dilaté ?

Dans La gravité, ça creuse !, au chapitre 5 Einstein médite, et au chapitre 10, je raconte par une expérience en pensée du « type Einstein » comment ce dernier explique que la gravitation et l’accélération sont deux phénomènes identiques.

L’accélération près de l’horizon du trou noir est la dérivée première par rapport au temps de la vitesse et la dérivée seconde de l’espace par rapport au temps. La gravitation est soumise aux deux mêmes équations. A courte distance de l’horizon du trou noir, la masse inerte d’un mobile est proche de l’infini et le temps dans lequel il se meut est pour nous presque infiniment dilaté. Le numérateur de la vitesse est limité à c. Le dénominateur contient un temps qui tend vers une dilatation infinie. La masse gravifique près de l’horizon du trou noir, elle, tend aussi vers l’infini, comme vous pouvez le voir dans l’Appendice mathématique de Notre escapade dans l’espace-temps au point 4 La masse relativiste de Ciboulette. C’est cette inertie tendant vers l’infini, avec une accélération tendant vers 0 dans un temps infiniment dilaté qui me semble rendre problématique la description actuelle des trous noirs.

La mienne n’est-elle pas plus acceptable pour les observateurs extérieurs que nous sommes et resterons pour toujours ?

En vertu du principe de Mach, nous ne le saurons jamais. Et l’observateur sur place ne pourra jamais nous le dire puisqu’une fois entré dans le trou noir il nous est à jamais inaccessible.

Il sait, lui, que sa vitesse est ralentie à zéro pour tout autre observateur. Il connaît la relativité et constate qu’il voit la même chose que nous, mais d’un point de vue différent. Il navigue à près de 300.000 km par seconde, mais chacune de ses secondes dure quasi une éternité. Il ne s’étonne donc pas comme Ciboulette lors de notre voyage intersidéral :

Vous vous souvenez sans doute, cher lecteur, de notre voyage intergalactique dans une fusée qui s’éloignait de la terre à la vitesse effrayante de 23.417 km/sec (Notre escapade dans l’Espace temps Ch. 6 à 8). Un rayon laser envoyé par Papa nous dépassait à la vitesse de 300.000 km/s. Ciboulette, chargée de mesurer cette vitesse en concluait que son appareil de mesure était détraqué. Bon Papa lui expliquait qu’elle venait seulement de constater que quand des vitesses relativistes interviennent, la loi d’addition des vitesses de Newton n’est plus valable.

5         La densité d’un trou noir.

On peut évaluer la masse d’un trou noir par les mouvements des masses environnantes. La masse d’un trou noir est au minimum de l’ordre d’une dizaine de masses solaires environ. A l’opposé, on connaît au sein de la galaxie NGC 4889, à 300 millions d’années-lumière de notre galaxie, un trou noir dont la masse atteint 21 milliards de Soleil ! L’accrétion s’étant réalisée à une vitesse de libération très proche de 300.000 km/s, la densité (masse/volume intérieur à l’horizon) doit être très importante, égale sinon même supérieure à celle d’une étoile à neutrons.

6         Et le Bing Bang ?

Une approche comme celle qui précède ne pourrait-elle pas modifier quelque peu notre vision du Big-Bang ?

6.1       L’inflaton

Relisez dans E = mc2, le chapitre 3.1 L’Inflaton. Pour faire bref, cet extraordinaire champ de Higgs, à ne pas confondre avec le champ BEH décrit également à la suite, est une énergie négative dont la première manifestation est une transition de phase avec augmentation de 1030 et pour certains auteurs de 10100 du volume de l’Univers en moins de 10-35 secondes !

Depuis lors, il s’est assagi et s’est transformé en constante cosmologique scalaire qui provoque l’expansion de l’univers à un rythme accéléré depuis des milliards d’années. Les masses qui meublent actuellement l’Univers sont donc écartées les unes des autres par une énergie négative de plus en plus grande. Les masses représentent pour la relativité une énergie positive. Stephen Hawking, dans A Brief History of Time ch. 8 The origin and fate of the Universe, affirme qu’il peut démontrer que l’énergie totale de l’Univers est actuellement nulle, les deux énergies étant égales mais de signe contraire.

Tout ce qui précède est à jamais invérifiable. Les chiffres cités sont variables d’un auteur à l’autre. L’Univers n’est devenu lisible que 380.000 ans après le big-Bang, quand le rayonnement électromagnétique (et donc la lumière) a pu se libérer du magma issu du Big-Bang. Il en reste ce que l’on appelle maintenant le Fond Diffus Cosmologique tombé à une température de 2,728 K (degrés Kelvin).

Dans E = mc2 au point 6.2.2., je démontre que si l’énergie de l’Univers a été nulle à un moment quelconque après le Big-Bang, elle l’est restée depuis la fin du Big-Bang. Qu’il y avait-t-il alors dans l’Univers naissant avant l’Inflaton du Big-Bang ?

6.2       Avant l’Inflaton ?

Il ne nous reste du passé de l’Univers avant 380.000 ans après le Big-Bang que le Fonds Diffus. Aucune observation, aucune expérience plus ancienne ne peut nous servir actuellement, en vertu du principe de Mach, pour décrire l’Univers plus jeune que 380.000 ans après le Big-Bang. Nous ne disposons que de ce rayonnement diffus et des lois physiques connues et prouvées par l’expérience. Vous me voyez venir, je vais utiliser la Mécanique Quantique, la Relativité et l’inexistence de l’infini dans notre Univers.

Si la proposition «supposons que » ne reposant sur aucune expérience, ne peut être imposé au nom de l’ordre public ou d’une conviction, elle ne peut pas être exclue non plus, si elle ne contredit aucune loi scientifique acceptée. A moins qu’elle ne conduise à invalider cette loi. Relisez à l’occasion Einstein sous 4.2.

6.3       Au tout début.

Supposons que l’Univers à son début, était minuscule, de l’ordre de la distance de Planck (1,616252*10-35 m). Nous sommes dans le domaine de la mécanique quantique. Pourquoi cet Univers est-il soudainement apparu, avec toutes les lois que nous lui connaissons maintenant ? Je laisse à plus téméraire que moi de se disputer jusqu’à la fin des temps avec d’autres téméraires rabiques.

Dans ce domaine, le principe d’incertitude de Heisenberg permet la survenance d’une explosion d’énergie qui peut être d’autant plus grande que sa vie est courte. C’est ce qui est arrivé avec l’Inflaton dont l’énergie dans un espace aussi restreint était évidemment minuscule, puisque nous savons qu’il s’agit d’un scalaire qui imprègne tout le volume de l’Univers. Nous supposons que l’Inflaton a produit le Big-Bang et dure depuis. La loi de la conservation de l’énergie, qui n’a jamais été mise en cause, impose donc de supposer qu’en même temps que l’énergie négative de l’Inflaton est née une énergie positive que nous appelons Gravitation et qui suppose la naissance de masses sous une forme inconnue à ce moment. Ces masses se matérialiseront à 10-11 secondes lors de la transition de phase du BEH libérant le champ nucléaire faible et le champ électromagnétique.

Cette naissance est bien décrite par Brian Greene telle que reprise dans E= mc2 in fine du 3.1. L’Inflaton. Ce qui précède décrit une naissance du monde qui ne nécessite pas le passage par quelque singularité infinie et satisfait au principe de Mach.

7         Conclusion.

Rien de ce qui est raconté dans la littérature scientifique sur la vie et la constitution de l’Univers ou sur la géographie d’un trou noir ne respecte le principe de Mach. Pour un adepte de la démarche scientifique de Mach, la seule démarche valable n’est-elle pas du type qui précède ?

J’ajoute que ma description supprime le recours à l’un ou l’autre infini physique qui est généralement considéré par les plus savants des physiciens comme une erreur de calcul à corriger.

Mais je ne suis pas physicien. Je ne suis qu’ingénieur civil arrivé sur le tard à aborder ces énigmes.

Méditation sur le Notre Père.

 

1.                Notre père qui es aux cieux.

St Jean nous apprend que Dieu est amour. Le Père François Varillon précise : Dieu n’est qu’amour.

L’enfant est à cent mètres de moi quand il m’aperçoit. Il pousse un cri de joie. Je mets un genou en terre pour être à son niveau. Il se lance à pleine course sur ses petites jambes ; j’ouvre tout grand les bras et il s’y jette. Je referme les bras en serrant très fort. Nous sommes tous deux heureux.

C’est ainsi que le Père nous aime. Nous, comme des enfants, nous ne comprenons pas toujours pourquoi il nous demande ceci ou cela. Mais, comme des enfants, nous lui faisons confiance, quitte à lui désobéir parfois. Il ne nous en aime pas moins. Il reste heureux de nous ouvrir les bras et nous de savoir qu’il est prêt à le faire.

Le Père nous aime tant qu’il nous a donné par son Fils une prière tout entière consacrée à lui demander notre bonheur.

2.           Que ton nom soit sanctifié.

Que le monde entier sache que tu n’es qu’amour. Que tous bénissent ton nom comme celui qui apporte au monde le bonheur.

3.           Que ton règne vienne.

Que vienne sur terre le règne de l’amour. Que tous apprennent et admettent que l’amour est la loi de la vie, que la vie sur terre pourrait être le paradis dès maintenant, si tout le monde y croyait, que nous pouvons déjà, chacun dans notre petite sphère d’activité, accomplir la demande suivante :

4.           Que ta volonté soit faite.

…sur la terre comme au Ciel.

4.1.       Comme au Ciel.

Pour le Ciel, nous ne savons pas ce qui s’y passe. Mais nous savons que des anges ont refusé la loi de l’amour. La tradition dit qu’ils ont refusé l’homme à l’image de Dieu, qu’ils ont refusé d’être anges gardiens.

Ces anges se sont eux-mêmes exclus de l’amour de Dieu. Convaincus de leur intelligence, ils auraient méprisé l’homme, créature de Dieu. Ils essaient inlassablement de nous entraîner dans leur révolte contre la loi de la Vie. Satan existe, je le rencontre tous les jours dans mon cœur même.

4.2.       Sur la terre.

Là, c’est à nous de jouer et notre responsabilité est écrasante. C’est à nous de montrer que l’amour nous rend joyeux et heureux, qu’il comble nos aspirations les plus vitales, qu’il nous assure un présent et un avenir conforme à notre dignité de fils de Dieu, que lui seul peut nous guider pour créer une société humaine.

C’est également à nous, par nos actes et par notre comportement d’assurer dans la mesure de nos moyens que la volonté de Dieu soit faite sur terre.  La charité, la première des trois vertus théologales, nous impose là une responsabilité effroyable. Dieu a besoin de nous !

Ce qui pourrait nous désespérer, c’est de savoir que nous ne réussirons jamais. Notre foi en la promesse doit nous aider à persévérer.

Sommes-nous jamais plus heureux que quand nous aimons ? L’indifférence peut nous soulager un instant devant une situation qui nous dépasse. La haine peut nous soulager un instant devant une situation qui nous révolte. Mais seul l’amour nous rend vraiment heureux, nous donne une prémonition du Paradis.

Que ta volonté soit faite est souvent considéré comme une promesse de soumission à une volonté omnipotente. Comme cette interprétation est loin de la vérité ! En demandant que ta volonté soit faite, nous demandons à Dieu notre bonheur, rien d’autre. Et c’est lui qui nous demande de le faire, car il ne veut que notre bonheur, sur terre déjà, au Ciel ensuite.

5.           Donne-nous aujourd’hui.

5.1.       Notre pain quotidien.

Dieu a créé l’homme avec un certain nombre de besoins. Pour être heureux de vivre, il doit les avoir satisfaits. Le tout premier besoin (demandez-le aux deux milliards de terriens qui ont faim tout le temps et qui en meurent) est de se nourrir. Le Père lui-même nous engage à lui demander de satisfaire ce besoin élémentaire.

5.2.       Nos besoins légitimes.

Nous qui sommes repus, pouvons-nous étendre notre demande à d’autres besoins que nous estimons légitimes ? Chacun de nous doit répondre à cette question dans le secret de son cœur.

Un divorcé peut-il demander à Dieu le bonheur avec son nouveau conjoint ? Qui sommes-nous pour en juger ? Nous sommes en tous cas invités par le Père à les aimer tous deux. Dieu nous invite à aimer le pécheur et à détester le péché. Pas toujours facile de faire la différence.

Nos demandes seront jugées à l’aune de l’amour qu’elles recèlent.

6.           Pardonne-nous.

Cela paraît simple comme bonjour : Père, j’ai porté offense à l’amour, pardonne-moi. Nos petits enfants aussi viennent demander pardon… et nous craquons, tant nous les aimons. Quel bonheur pour nous et pour eux. Le pardon n’est-il pas une des plus belles conséquences de l’amour ? Comment pourrions-nous résister à ces petits qui font amende honorable ? Mais il y a un hic :

7.           Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

Si nous aimons notre prochain, comment pourrions-nous être heureux sans lui pardonner ses offenses ? Nous avons tant à nous faire pardonner par lui ! Sommes-nous plus heureux en ressassant nos rancœurs ?

La médecine à découvert depuis près de quarante ans qu’une des premières causes de maladie est psychosomatique. La rancœur est le ferment idéal des maladies cardiaques et nerveuses, ainsi que des maladies de la peau !

Plus sérieusement encore, posons-nous la question : ne sommes-nous pas plus heureux après avoir pardonné qu’avant ?

Ceci n’implique nullement l’approbation du mal. Nous pouvons haïr le mal, nous devons seulement aimer le pécheur.

8.           Et ne nous soumets pas…

Quelles contorsions pour refuser ce texte ! Depuis plus de 1.800 ans, les catholiques disent et ne nos inducas et, depuis quelques années, des personnes dont je ne doute pas de la bonne volonté en ont honte, au nom de l’intelligence du cœur.

8.1.       Dieu m’a créé pécheur.

Pour des raisons que je ne suis certainement pas assez intelligent pour comprendre complètement, Dieu m’a créé pécheur. Dans son épître aux romains, Saint-Paul écrit textuellement : Dieu en effet a enfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous les hommes. C’est l’inévitable conséquence du péché originel. En me créant pécheur, Dieu me soumet à la tentation.

L’évangile selon St Mathieu raconte textuellement: En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable.

Si l’Esprit conduit Jésus à la tentation, c’est comme homme qu’il l’y conduit, comme deuxième personne de la Trinité, cela n’aurait pas de sens. En quoi est-il inacceptable qu’il en fasse de même pour nous ?

Dieu nous soumet à la tentation dans le sens que je rencontre la tentation parce qu’Il le veut, qu’Il m’a créé tel, que je dois accepter pour mon bonheur de rencontrer la tentation à laquelle Il décide de me soumettre, propre à ma condition d’homme.

On objecte à ce qui précède en citant l’épitre de St Jacques au chapitre 1:

13 Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise : « Ma tentation vient de Dieu. » Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne.

14 Chacun est tenté par sa propre convoitise qui l’entraîne et le séduit.

Effectivement, la tentation ne vient pas de Dieu, mais du Diable, mais Dieu veut que nous la rencontrions. Et nous sommes dûment prévenus par St Paul et St Mathieu, si nous ne demandons pas avec ferveur ne nous conduis pas, il peut nous y conduire. Quel orgueil de se croire plus intelligent que Lui ! Et de vouloir Lui dicter sa conduite ! Notre condition d’hommes, c’est Dieu qui la décide et pas nous.

8.2.       Mais Dieu m’aime à en mourir.

Et ce n’est pas une phrase mélodramatique de roman à l’eau de rose. La preuve…

Il me demande de l’aider à manifester sa miséricorde. Cette tentation à laquelle Il me soumet, Il me supplie de lui demander de l’écarter. Pourquoi ? N’y a-t-il pas là une contradiction dans l’intelligence de Dieu ? Dieu, que j’ai peur de répondre à cette question. Je risque de dire d’énormes bêtises.

Je me lance en demandant pardon d’avance, tant à Dieu pour mon audace, qu’à ceux que je vais scandaliser. Je vous rappelle que Dieu m’aime comme un père. Tout papa sait qu’il doit accepter de faire courir des risques à ses enfants pour les amener à l’âge adulte. Mais si son enfant lui demande de ne pas le soumettre à ce risque, c’est qu’il a compris : le risque est devenu inutile. Il n’est plus besoin de l’y soumettre.

Qu’est-il le plus efficace ? Demander à Dieu de ne pas me soumettre à la tentation, ou Lui demander de ne pas me laisser succomber à la tentation, comme le voudraient les contempteurs de la version actuelle ?

Le plus simple est certainement de ne pas rencontrer la tentation. Et c’est ce que Dieu, qui m’aime à en mourir, me demande de lui demander. Quel orgueil de le refuser au nom de l’intelligence !

9.           Mais délivre-nous du mal.

9.1.       Qu’est le bien ?

Le bien est ce qui assure fondamentalement mon bonheur : l’amour.

9.2.       Qu’est le mal ?

Le mal n’est rien d’autre que le contraire du bien. C’est-à-dire l’indifférence ou la haine.

Je rappelle ce que j’ai écrit ci-dessus : sommes-nous jamais plus heureux que quand nous aimons ? L’indifférence peut nous soulager un instant devant une situation qui nous dépasse. La haine peut nous soulager un instant devant une situation qui nous révolte.

Mais seul l’amour nous rend vraiment heureux, nous donne une prémonition du Paradis.

10.       Amen.

Relisez les neuf invocations précédentes. Par chacune, je demande à Dieu mon bonheur. Je le demande comme un enfant à son père. Je ne comprends pas toujours ce qu’Il me dit de lui demander, mais je sens, je sais qu’Il m’aime. Et j’essaye de Lui donner ma foi avec ferveur.

Comme un petit enfant.

Le terrorisme islamiste.

Le 14 novembre 2015, ma petite fille Roxane, étudiante universitaire, m’envoie l’email qui suit :

From: Roxane Delcampe

Sent: Saturday, November 14, 2015 1:29 PM

To: Pierre Van Leeuw

Subject: Crainte … Beaucoup de crainte pour mon futur …

Bonjour Bon-papa,

Je suis effrayée de tout ce qui arrive ces derniers temps.

Ces tueurs devraient être mis à mort, ils ne méritent pas de vivre … La peine de mort serait-elle finalement la solution idéale ? Je me demande vraiment quel sera mon avenir. Et je plains encore plus les plus jeunes enfants.

Cet événement tragique a touché beaucoup de personnes sur les réseaux sociaux. Je lis beaucoup de choses et je suis tombée sur cet article ci-dessous. J’ai l’impression que les auteurs de cet article n’ont rien compris … Aller attaquer en Syrie etc n’arrangera absolument rien. Je pense qu’il faut se protéger mais cela doit se faire ici, sur notre territoire ! Envoyer nos ressources là-bas est une terrible erreur. Fermer nos frontières serait une bonne idée de base déjà. Je voulais savoir ce que tu en pensais …

Je vous embrasse,

Belle journée,

Roxane

http://www.levif.be/actualite/international/il-est-temps-que-la-belgique-la-france-l-europe-aneantissent-daech/article-opinion-433817.html?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=vif

« Il est temps que la Belgique, la France, l’Europe anéantissent Daech! »Note : Si vous avez des difficultés à ouvrir ce lien, il suffit de taper sur GOOGLE etienne dujardin il est temps que la Belgique, la France.

J’ai répondu le lendemain à ma petite fille ce qui suit :

Chère petite Roxane,

Ton désarroi rejoint celui des populations occidentales, mais Etienne Dujardin voit le problème à l’envers: dans le texte qui suit, je commente son texte repris en rouge et en italique.

Il est temps de prendre des mesures, fortes, communes, intransigeantes, européennes pour défendre nos libertés fondamentales et notre modèle de société démocratique face à la menace.  Nous devons arrêter ces terroristes qui endoctrinent les enfants, lapident les femmes, chassent les athées ou les minorités chrétiennes. Nous devons cesser de tendre l’autre joue. Nous devons agir et défendre fièrement nos valeurs de liberté, de démocratie, de justice.

C’est au nom de ce genre d’idées que les États-Unis ont envahi il y a dix ans l’Iraq de Saddam Hussein. Et pour convaincre nos naïves démocraties européennes, le Général Powell a présenté à l’ONU « les preuves indubitables » (selon lui) que Saddam Hussein accumulait dans son immense pays un arsenal d’armes de destruction massives. La plupart enterrées et donc invisibles, quelques autres, dont il montrait les photos aériennes, fabriquées sur véhicules blindés rapidement mobiles pour échapper à toute attaque. En fait, le président Bush voulait seulement acquérir la même stature militaire que son papa qui quelques années avant avait mené une guerre éclair de 90 jours contre l’Iraq qui avait envahi le Koweït. Et Bush était poussé à ce faire par l’industrie américaine qui d’une part voulait mettre la main sur les immenses réserves pétrolières de l’Iraq et d’autre part voulait enrichir les actionnaires de ses sociétés fabriquant le matériel militaire. L’Iraq a été envahi et fouillé de fond en comble, les américains n’ont rien trouvé !

Ta bonne maman pourra te le confirmer: je n’ai pas du tout été convaincu par les pauvres « preuves » aériennes du Général Powell. Comme au Vietnam 30 ans plus tôt, les américains voulaient, parait-il, introduire une vraie démocratie en Iraq. Ils se sont enlisés des deux côtés pendant des années et les ont piteusement quittés. Saddam Hussein a été remplacé par les talibans d’abord, puis par Daech ; le régime corrompu de Ngô Dinh Diêm est remplacé par le communisme ! Et l’Iraq produit du pétrole pour Daech !

En Lybie aussi il y a beaucoup de pétrole. Sous prétexte d’éliminer le sanguinaire tyran Khadafi, les français et les anglais ont attaqué la Lybie et effectivement liquidé Khadafi. Mais, plus prudents ils ont toujours travaillé uniquement par des attaques aériennes. Résultat: Khadafi a été remplacé par des chefs de bande musulmans sanguinaires qui appliquent souverainement leur conception religieuse du moyen-âge. Je peux te citer d’autres cas, mais ils suivent tous le même scénario, stupide à pleurer: nos dirigeants déclarent qu’il faut venir au secours des populations tyrannisées sauvagement, démolissent toutes les structures sociales existantes, et s’en vont dépités car ils n’ont réussi qu’à créer un chaos pire qu’avant leur intervention.

Est-ce cela « défendre nos libertés fondamentales et notre modèle de société démocratique »  ?

Non. C’est attaquer tous les modèles de sociétés qui ne sont pas copiés sur le nôtre. C’est vouloir imposer au monde entier notre civilisation au nom de sa supériorité. C’est agir en agresseur, c’est nous qui déclarons la guerre et pas eux. Et cela foire partout et chaque fois ! Je suis tout à fait d’accord avec ta conclusion qu’Aller attaquer en Syrie etc. n’arrangera absolument rien. Je pense qu’il faut se protéger mais cela doit se faire ici, sur notre territoire ! Et si nous n’intervenons plus militairement dans ces pays, quelle raison auront-ils de nous terroriser ? Et si nous ne faisons que traquer chez nous les terroristes, qui nous le reprochera ? Et cela coûtera cent, non mille fois, moins cher que les campagnes militaires foireuses que nous organisons. Et il n’y aura plus des millions de réfugiés sur les routes menant chez nous.

Après leur échec au Vietnam il y a 30 ans, leur échec en Somalie il y a 20 ans, leur échec en Iraq il y a 10 ans, l’échec franco-anglais en Lybie il y a cinq ans et l’échec de « la coalition » en Syrie aujourd’hui, les américains ont peut-être compris. Les européens pas encore. Mais cela viendra forcément. Il est probable que les européens, obtus comme l’ont été les américains, vont lancer une guerre totale contre Daech. François Hollande déclare: nous serons impitoyables et Etienne Dujardin écrit :

Nous devons anéantir Daech, et ce, par tous les moyens, y compris militaires.

Alors que pour Daech et ses alliés, et pour moi aussi, c’est la France l’assaillant. Au nom de sa supériorité civilisatrice et équitable ! Elle veut instaurer en Syrie un régime démocratique sans Bachar El Assad. Mais elle n’a aucune idée concrète de ce que pourrait  être ce régime. Et les russes ne sont pas d’accord avec cette solution occidentale. Et ils interviennent militairement en fonction d’une stratégie directement opposée à celle des occidentaux. C’est une situation politiquement et militairement explosive. Cette guerre-là est perdue d’avance car les membres de « la coalition » ne veulent pas envoyer de troupes au sol. Peut-être sera-ce la dernière guerre coloniale ? Et que dans 10 ans, je ne le verrai malheureusement pas, nous aurons quelques dizaines d’années de paix relative. Jusqu’au jour où nous serons réellement envahis par l’Islam, au nom de sa supériorité morale et contre ce qu’il appelle stupidement la déchéance morale de la chrétienté, en conséquence de sa supériorité militaire et en représailles contre notre propre comportement stupide. C’est un peu ce que Hitler a fait en 1940 en conséquence des décisions stupides prises par les alliés de la grande guerre pour « se venger des boches ». Vois ce que j’écris à ce sujet dans l’article Réponse à Marc Tihon dans la catégorie Kondratiev à propos de la grande inflation allemande de 1920.

Chère petite Roxane, en résumé pour moi, l’occident recommence l’épopée suicidaire et injustifiable des croisades. Les croisades ont duré des siècles. Mais je crois que la croisade actuelle ne durera pas. Car les peuples occidentaux ne croient plus aux slogans « civilisateurs » de leurs dirigeants va-t-en-guerre. Et ne veulent plus partir en guerre. Et les papes ne proclament plus qu’il faut aller libérer le tombeau du Christ.

Fais l’amour et oublie la guerre, car cela fait beaucoup de bien en cas de détresse. Je suis heureux que tu aies d’emblée compris l’énorme erreur de Etienne Dujardin.

Je suis prêt à poursuivre ce dialogue avec toi, si tu le désires. Dans l’attente je t’embrasse du fond du cœur.

Et vous, cher lecteur, qu’en pensez-vous ?

 

Retrait de Un singe écrivain ?

J’ai retiré cet article car j’y ai fait une grossière erreur.  Avec un texte de 150.000 caractères (un petit texte) et 100 caractères différents possibles, le nombre de possibilités différentes de taper le premier essai n’est évidemment pas 150.000*100. Mais bien 100^150.000.  La probabilité de réussir au premier essai est donc l’inverse de ce dernier nombre. Aucun ordinateur actuel n’est capable de traiter quelque loi statistique que ce soit avec pareille (im)probabilité.

La seule chose que l’on peut affirmer, grâce à une heureuse particularité mathématique de la loi de Poisson, c’est qu’en faisant 100^150.000 essais de dactylographier le tout petit livre de 150.000 caratères le singe a une probabilité (arrondie à deux décimales) de 63,21 %  de réussir son exploit. A raison de deux caractères à la seconde, cela lui prendra 75.000 secondes par exemplaire, soit 21 h. Mettons trois jours. En un milliard d’années il en dactylographiera 1,2167*10^11. Voyez ce que cela représente par rapport à 100^150.000 !

Ce n’est pas en milliers d’années, mais en milliards de milliards de milliards de …  de singes, sur des milliards de milliards de milliards de …  d’années, sur des milliards de milliards de milliards de … planètes, dans des milliards de milliards de milliards de … de  galaxies, dans des milliards de milliards de milliards de … d’univers comme le nôtre que l’on doit estimer le temps de travail du cheptel de singes pour avoir une probabilté de 63,21 % de dactylographier un petit livre de 150.000 caractères.

Pardon pour mon erreur. J’espère que personne n’ a souscrit de pari après lecture de mon article supprimé. Seule sa conclusion reste valable. Aucun singe, aucun groupe de singes,  n’a la moindre chance de taper au hasard ne fût-ce qu’un tout petit livre dans l’univers que nous connaissons.

L’évolution de l’espèce humaine.

—–Original Message—–
From: Jacqpote
Sent: Saturday, July 25, 2015 8:25 PM
To: undisclosed-recipients:
Subject: évolution

On peut se demander comment l’espèce humaine (?) évolue.

Les singes bonobo ont 98% des génomes humains.
Mais ils ne savent pas écrire, ni envoyer un des leurs dans la lune (et
retour).

Obama a un grand-père agriculteur au Kenya.

A quelle vitesse évoluons-nous ?

A+

 

Ma réponse.

L’évolution entre les poussières d’étoiles qui ont constitué la terre et l’apparition de l’homme a duré plus de 4 milliards d’années. Cette évolution a été très lente à nos yeux. Elle était passive (adaptation des espèces à leur environnement changeant) et aléatoire (soumise au hasard des rayons cosmiques sur l’ADN et des changements climatiques et géologiques). Mais depuis très peu de temps (bien moins que le temps d’un éclair au niveau géologique) l’homme veut maitriser  cette évolution. Il en est cependant seulement aux premiers balbutiements. Il va faire des bêtises terribles qui risquent de mettre fin à l’humanité. Il va peut-être aussi faire des avancées stupéfiantes.

Un scénario délirant.

Mais en définitive, il va disparaitre, faute de ressources naturelles, s’il ne réduit pas drastiquement sa façon de les utiliser, ce dont je le crois incapable. Actuellement déjà il en consomme plus que ce que la terre produit chaque année. Il ira en exploiter ailleurs dans le système solaire. Quand il aura épuisé le système solaire, il s’attaquera aux systèmes solaires voisins, il exploitera peut-être la totalité de notre galaxie. Elle a une longueur de près de 100.000 années-lumière.

Supposons qu’il avance dans sa conquête de la galaxie à raison
d’une année lumière par millénaire (10.000 milliards de km quand même, soit plus d’un million de km/h.), cela lui prendra, si tout va bien, 100 millions d’années. Avec les aléas inévitables, comptons 1 à quelques milliards d’années. J’ai bien peur que les bêtises ne soient bien plus probables que les avancées stupéfiantes. Et que l’homo sapiens sapiens n’aie déjà dépassé une fraction significative de son existence dans l’univers connu.

Exploiter les galaxies voisines, dont la plus proche est à 4 millions d’années lumière me parait hors de notre portée, à tout jamais. D’autant plus que l’expansion de l’Univers, en accélération depuis des milliards d’années, ne cesse d’accroitre cette distance.

Mais peut-être est-ce un autre destin qui nous attend. La bionique, la robotique et ce que l’on appelle actuellement, faute de mieux, l’intelligence artificielle sont tellement liées que l’on doit envisager dans un avenir très proche leur fusion.

Un scénario dégénérescent.

Ceux qui maitriseront l’ensemble, une petite oligarchie, seront pour un court temps les maîtres du monde. Mais ils sont condamnés à court terme. Leur symbiose avec les robots qu’ils developperont de plus en plus et de plus en plus vite, leur imposera un mode de vie qui produira leur dégénérescence morphologique au profit d’une apparente hypertrophie de leur intelligence et qui les mettra dans une position où ils auront l’impression de jouer un jeu de rôle désincarné ! Leur aveugle confiance dans leur intelligence et celle de leurs robots détruira leur civilisation inhumaine dans des guerres qui n’auront rien à envier aux atrocités que nous avons connues et connaissons de nos jours. Tous les prétextes seront bons, la liberté, la démocratie, la religion et Dieu sait quelles idéologies perverses qui verront encore le jour.

Peut-on espérer que les peuples restés « primitifs » à leurs yeux auront la force et l’intelligence de rétablir une société viable ? Si oui, combien de temps cela prendra-t-il ? L’humanité aura en tous cas régressé sérieusement.

Un scenario heureux ?

Des scenarii du genre des deux précédents, on peut en imaginer de nombreux. Je voudrais en trouver un qui termine bien avec tout le monde il est gentil et s’embrasse, mais je n’arrive pas à l’imaginer. Comme le disait John Bell, on dira peut-être que j’ai manqué d’imagination.

Je t’entends réagir: science-fiction pas très optimiste, tout cela, mon Cher Pierre !

Je te réponds: tu m’as posé une question, j’y réponds comme je peux. Que j’aie raison ou tort, aucun de nous deux ne le saura… en tous cas je l’espère !

La théorie des cordes, un conte de fées ?

Le 10 juin 2015, Jacqpote m’écrit:
Pour moi, la théorie de la mécanique quantique est incompréhensible. Des dimensions multiples, dépassant même la dizaine !
Et il n’y toujours pas de théorie globale, puisque la gravitation échappe à toute unification.
Bien malheureusement, car c’est la force qui nous est la plus présente, et de loin.
Je suis donc sceptique quant à la validité de la théorie des cordes, notamment.
Ma réponse.
Je ne trouve pas juste de parler d’une dizaine de dimensions dans la mécanique quantique (MQ). Je crois que tu fais allusion à la Théorie des cordes. Ses auteurs essayent désespérément de la présenter comme le futur de la MQ. En fait c’est une théorie mathématique affreusement compliquée, pour laquelle les auteurs cherchent une application sans encore l’avoir trouvée, en tous cas pour le moment. Pour Wikipaedia, la complexité extrême de la théorie ne permet pas à ce jour d’aboutir à des résultats utilisables sans approximations grossières. C’est avant tout une théorie mathématique ayant des visées physiques dont le bien-fondé reste à montrer par l’expérience. Déjà dans l’édition février 2005 de The fabric of the cosmos, Brian Greene, dans la note bas de page 371, écrit que « Les théoriciens des cordes savent depuis des décennies que les équations qu’ils utilisent généralement pour analyser mathématiquement la théorie des cordes sont approximatives ». Et il ajoute en commentaire « Ces équations se sont avérées difficiles à identifier et à comprendre » !

De l’aveu même d’une partie de ses tenants, cette théorie est unfalsifiable, c’est à dire qu’on ne pourra jamais prouver ni qu’elle est fausse, ni qu’elle est vraie. Ses « particules » ont une dimension de l’ordre de la distance de Planck. Pas très scientifique n’est-il pas ? Cela fait 40 ans que c’est une très belle histoire, comme un conte de fées, avec des suppositions improuvables de plus en plus compliquées. Ce n’est d’ailleurs pas UNE théorie. Il y a 30 ans on s’est rendu compte qu’il y en avait quatre ! Il y a 20 ans, on en a tiré une cinquième qui les rend toutes compatible moyennant des contorsions, des renormalisations tout à fait arbitraires et l’ajout d’une onzième dimension.

Peter Woit, du département Mathématiques de la Columbia, pour exprimer son profond mépris pour la théorie des cordes et ses défenseurs décrit cette théorie comme not even wrong !

C’est peut-être une sorte de canular qui a la vie longue car il est « unfalsifiable » par nature !

Comme les mathématiciens responsables trouvent que cette mathématique est belle, ils peuvent peut-être se consoler en se souvenant que les mathématiques ont toujours une longueur d’avance sur la physique. Qui sait, on trouvera peut-être un jour que la théorie des cordes peut expliquer l’identité des masses pesantes et inertes !

L’intrication quantique

Le 13 juin 2015, Jacqpote m’écrit:

Salut Pierre,

Voici ce que je lis dans Wikipedia, et qui pourrait t’intéresser (paradoxe EPR) :

 
L’intrication quantique est un phénomène observé en mécanique quantique dans lequel l’état quantique de deux objets doit être décrit globalement, sans pouvoir séparer un objet de l’autre, bien qu’ils puissent être spatialement séparés. Lorsque deux systèmes – ou plus – sont placés dans un état intriqué, il y a des corrélations entre les propriétés physiques observées des deux systèmes qui ne seraient pas présentes si l’on pouvait attribuer des propriétés individuelles à chacun des deux objets S1 et S2. En conséquence, même s’ils sont séparés par de grandes distances spatiales, les deux systèmes ne sont pas indépendants et il faut considérer {S1+S2} comme un système unique.
L’intrication quantique a un grand potentiel d’applications dans les domaines de l’information quantique, tels que la cryptographie quantique, la téléportation quantique ou l’ordinateur quantique. En même temps, elle est au cœur des discussions philosophiques sur l’interprétation de la mécanique quantique. Les corrélations prédites par la mécanique quantique, et observées dans les expériences, montrent que la nature n’obéit pas au principe du « réalisme local » cher à Einstein, selon lequel les propriétés observées d’un système, bien définies avant toute mesure, sont attribuables à ce système et ne peuvent changer que par interaction avec un autre système.
Porte-toi bien.
Ma réponse.
Cela fait maintenant 30 ans que l’on parle de l’ordinateur quantique et de la téléportation ! Mais je pense que ce qui est imaginable au niveau de l’atome est, pour pas mal de temps encore, impensable au niveau macroscopique qui restera malheureusement ou heureusement toujours le nôtre. Il faudrait intriquer des milliers d’atomes pour envisager ce que tu décris. La loi des grands nombres est redoutable.  L’intrication disparait bien avant cela.
 Le 17 juin 2015, Jacqpote répond:
Quant à l’intrication, tu récuse le paradoxe EPR ! Donc une théorie sans aucun avenir ?
Ma réponse.
Cela, je n’oserais pas le dire. L’intrication est une certitude au niveau quantique. Mais, comme le dit l’article in fine, les propriétés observées d’un système, bien définies avant toute mesure, sont attribuables à ce système et ne peuvent changer que par interaction avec un autre système.
Au lieu d’écrire ne peuvent changer que par l’auteur aurait dû écrire sont toujours changées par. C’est ce que les théoriciens appellent la décohérence. Maintenir deux particules intriquées sur plus de 100 km comme on le réussit maintenant couramment a été considéré comme un exploit qui a fait la une des journaux scientifiques et même de certains quotidiens.. Mais pour réussir à conserver intriquées les milliers de particules au travail dans un ordinateur quantique, personne ne sait comment s’y prendre pour le moment.
J’ai fait une recherche sur GOOGLE. Wikipaedia évoque l’existence il y a quelques années d’ordinateurs quantiques de moins de 10 qbits intriqués qui décohéraient en deux ou trois minutes. Depuis lors il y a des dizaines de prétentions allant jusqu’à quelques centaines de qbits, 3.000 annoncés le 13 avril 2015 sur Futura Science, mais l’article termine en rappelant que la rapidité de la décohérence est croissante avec le nombre de particules intriquées ! Et ces descriptions sont confidentielles et nébuleuses. Ce qui est certain, c’est qu’aucun ordinateur quantique n’est actuellement dans une vitrine de vente ! Alors qu’on s’en gargarise depuis plus de 30 ans.
L’intrication qui transmet instantanément « quelque chose » entre des particules intriquées est sans doute réalisée par la particularité « onde » des  particules. Mais personne actuellement n’a la moindre idée du mécanisme de transfert. Je ne récuse évidemment pas le paradoxe EPR.  Je crois au contraire qu’il faut l’expliquer et qu’on y arrivera forcément un jour. Et l’explication sera tellement simple que tous les Bohr et Einstein du moment s’écrieront: Comment n’y ai-je pas pensé ! (cela s’est déjà produit: voir sous Mes livres, E = mc2, la biographie de Lise Meitner « Mon Dieu que nous avons été stupides ! »)
Pour protéger la relativité, on montre facilement que personne ne peut utiliser l’intrication pour transmettre de l’information par l’intrication.
Je réponds: oui personne, sauf les  particules !
Pour pouvoir utiliser l’intrication sur un grand nombre de particules, il me semble qu’il faudra d’abord en comprendre le mécanisme pour pouvoir le protéger  efficacement et durablement. Et cela, comme on dit dans les armées, ça prendra un certain temps.